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Des
torchères brûlaient obliquement plantées
dans les supports de fer forgé, des draperies
rouges brochées d'or étaiement tendues
de colonne à colonne, une grande table de fer
à cheval était dressée, six sièges
d'un coté, six sièges de l'autre devant
douze services, semblaient attendre les convives.
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Au
fond, seule et pâle, une femme d'une éblouissante
beauté était assise à coté
d'un siège inoccupé. C'était
la Comtesse de Cabrières, plus belle qu'une
impératrice byzantine. Ses tresses brunes encadraient
son visage et ses grands yeux brillaient d'un regard
fascinant. Sa robe de soie bleue, sa poitrine ornée
de bijoux, ses pendentifs scintillants, tout lui accordait
une majesté naturelle qui frappa de stupeur
les guerriers.
Elle se leva et, avant que le général
des Francs ait pu ouvrir la bouche, d'une voix qui
ne trembla pas, avec assurance, elle dit : "Illustre
descendant de Clovis, sois ici le bienvenu, tu es
le maître de ce château et comme tel,
viens prendre ta place près de moi qui suis
la Comtesse de Cabrières. Que douze de tes
guerriers prennent part à ce festin !"
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Aussi,
ne fussent-ils nullement étonnés de
voir, à la fin du repas, le couple s'éloigner
sur les remparts, devisant doucement, admirant le
clair de lune de cette belle nuit d'été.
Alors que tous dormaient, certains même simplement
sous la table, les sentinelles purent regarder, au
petit matin, les deux amoureux contempler enlacés
sur la plus haute tour du château, le soleil
qui vers la montagne de Sète, se levait sur
la mer
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Alors que depuis six mois Théodebert ne quittait
plus Cabrières, un courrier venu de Metz, annonça
un soir la mort de Thierry le Sage, fils de Clovis
et père du prince Théodebert.
Et c'est ainsi que la comtesse de Cabrières,
punit la couardise de son époux en posant sur
sa propre tête la couronne d'Austrasie en la
cathédrale de Metz et qu'une femme de l'Hérault,
faillit devenir Impératrice de Constantinople,
dont Théodebert méditait la conquête
quand il fut tué dans un accident de chasse
l'an 548.
Mais avant de partir pour la Lorraine, la futée
Languedocienne avait rempli un plein coffre de bâtons
de bois, ce qui avait fort intrigué les conseillers
du jeune roi. Ces bâtonnets, c'était
un peu du pays qu'elle emportait avec elle : des plants
de vignes. Des cépages qui sont l'honneur de
ce terroir. Sur les coteaux messins, la jeune reine
planta ces bâtonnets, ils donnèrent un
vin léger, gai, lumineux, qui, sur les bords
de la Moselle rappelle encore aujourd'hui, le souvenir
d'une idylle amoureuse et lie de son écharpe
dorée la Lorraine et le Languedoc.
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