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La pierre raconte


L’espace Muséographique du Caveau des vignerons de Cabrières met en valeur, avec des vitrines et des panneaux pédagogiques, les principales richesses géologiques et les documents historico-archéologiques les plus remarquables de la commune.

Les richesses du passé

Ce territoire abrite de très belles et de très fragiles richesses géologiques, paléontologiques, minéralogiques et archéologiques. Ses roches sont parmi les plus anciennes du Languedoc, leur âge étant compris entre 500 et 325 millions d'années. Elles appartiennent à une très vaste chaîne de montagne, la "chaîne hercynienne" dont l'étendue dépassait largement, à l’origine, les limites de la France. Cette montagne a connu, au milieu de l'ère primaire, des phases de soulèvement qui ont entrainé le glissement de ses couches supérieures, les entraînant au fond des mers contemporaines. Si la plupart de ces débris sont argilo-sableux transformés en schistes au cours du temps, il existe de nombreux autres faciès sédimentaires : grès et quartzites, sables siliceux, lydiennes, roches noires siliceuses, calcaires et dolomies riches en magnésium lesquelles expliquent les nuances des terroirs viticoles d’aujourd’hui.
Il s’agit bien de dépôts sous-marins enfouis dans des mers aujourd'hui disparues, comme en témoignent les fossiles d'animaux marins qu’il contient. Néanmoins dans les secteurs peu profonds des dépôts calcaires, parfois des récifs, correspondent à d’anciens littoraux. 

Fossiles

Nombreux et variés, ils servent à fixer l’âge des roches. Dans les schistes, les fossiles, et en particulier les trilobites, ont déterminé les nombreuses recherches des géologues de l’Europe entière au début du XX° siècle. A tel point, qu’il existait alors un Hôtel des géologues. Ces savants recherchaient préférentiellement les trilobites, arthropodes primitifs marins, dont le squelette évoluant au cours du temps permettait d’établir les différences d’âge des couches géologiques. Ils bénéficiaient dans leur recherche de l’aide des chercheurs locaux. C’est ainsi que le très beau moulage présenté dans la vitrine géologie, dont l’original est conservé au Musée de Lyon, provient de cette collaboration. Au contraire dans les calcaires les faunes marines changent : orthocères, goniatites, brachiopodes, crinoïdes. Ces derniers, caractéristiques des récifs sont des échinodermes qui ne sont pas sans rappeler les coraux des mers chaudes actuelles. 

La mise en place des paysages.

Ainsi, dans leur majorité, les roches des monts de Cabrières sont d'anciens dépôts marins de l'ère primaire. Ces roches ont été déformées par les plissements et ont subi des déplacements pluri kilométriques lors de l'édification de la chaîne hercynienne. Ces modifications sont particulièrement éloquentes au sommet du Pic de Vissou, ou, contrairement à la logique géologique, les calcaires du sommet reposent sur des terrains plus récents. Les géologues ont décrit ces situations complexes sous le nom d'écailles de Cabrières, écailles dont la formation n’a vraiment été comprise qu’il y a seulement quelques années. Les calcaires plus durs que les schistes, ont été portés ultérieurement en relief par les mouvements tectoniques puis dégagés par l’érosion. Ils forment les points hauts des paysages des monts de Cabrières (Pic de Vissou, Mougno, etc…). Enfin, à diverses périodes géologiques des fractures (failles) verticales ont découpé et traversé les terrains anciens. Ces failles sont infiltrés de filons quartz qui contiennent des minerais de cuivre et de barytine, exploités par intermittence du début du III° millénaire avant J.-C. jusqu’au XX° siècle.
Les panneaux de l’Espace Muséographique présentent les grandes lignes de cette évolution. Cette initiation aux richesses du patrimoine géologique de Cabrières peut être agréablement complétée par une randonnée (fléchée) autour du Pic de Vissou. Elle est illustrée par des pupitres pédagogiques (géologie, terroirs, Estabel, archéologie).
 

Disposition des roches

La géologie de Cabrières est particulièrement compliquée, cette région faisant partie des nappes de la Montagne noire, dont les roches ont subi des déplacements considérables lors des plissements de la chaîne hercynienne. Les roches se trouvent ici dans une position contraire à celle de la sédimentation originelle.

Ainsi au Pic de Vissou, les roches les plus anciennes (Ordovicien et Dévonien) sont situées maintenant au-dessus de roches plus jeunes (Carbonifère inférieur). Les géologues ont décrit ces situations complexes sous le nom d'écailles de Cabrières (représentée à l'intérieur du caveau muséographique), écailles dont la formation a vraiment été comprise il y a seulement quelques années.

Elle est représentée par des dessins simplifiés ; au Carbonifère inférieur (Viséen), l'érosion des montagnes qui commençaient à s'élever à cause du plissement en cours, a provoqué une sédimentation sous-marine accompagnée de glissements en masse de panneaux de roches de dimension parfois importante, comme l'écaille du Pic de Vissou. Le bassin marin, au devant de la chaîne de montagnes, a été lui-même pris dans le plissement et ses roches "charriées" de plusieurs dizaines de kilomètres (nappe de charriage).

La Source et les tufs de l’Estabel.
C’est sur l’une des failles verticale (réactivée récemment ?) que surgit, lors de pluies violentes et soutenues, la source de l’Estabel. Ses manifestations sont rares (11 fois depuis 1856), mais peuvent atteindre 800 l/s. Elle possède un léger thermalisme (22°). Elle est riche en carbonate de calcium et en gaz carbonique, lequel en se dégageant dans l’atmosphère au sortir de la source dépose les carbonates sous forme de tufs. Dans la vitrine géologie, un fer à cheval recouvert de calcaire lors de la crue de 1996, en rend compte. Cette précipitation de carbonate de calcium est favorisée par des algues et des végétaux, mais surtout par des ruptures de pente, dont le plus bel exemple est la falaise de tufs de vingt mètres qui domine la Boyne. Ces dépôts qui forment la totalité du plateau de l’Estabel se sont déposés au cours du dernier million d'années, pendant l'ère Quaternaire.